Comment sortir de l'assistanat mental

Comment sortir de l’assistanat mental ?

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Êtes-vous un assisté ? Entendons-nous bien : je ne parle pas ici d’être assisté comme un professionnel de la politique qui roupille à l’Assemblée Nationale tout en cumulant les rémunérations de plusieurs mandats qu’il est incapable d’honorer, non, je parle de l’assistanat mental.

 

Si comme moi vous avez fréquenté l’internet des années 2000 et ses forums, vous connaissez la formule « Google est ton ami ». La formule est inexacte puisque que Google est bien d’autres choses (un moteur de recherche en situation de quasi monopole, un laboratoire à la pointe des recherches sur l’intelligence artificielle, un collecteur de données à surveiller de près) mais l’idée véhiculée reste pertinente : sors-toi les doigts du rectum et entreprends de faire tes propres recherches avant de demander de l’aide à autrui.

 

Scoop : l’assistanat mental est un manque d’autonomie.

 

J’ai beaucoup de chance : j’évolue dans un environnement dont j’ai choisi les protagonistes. Je choisis mes clients, je choisis mes amis, je choisis les gens que j’interviewe pour Hors Norme et Accomplis et je n’ai même pas à choisir mes collègues puisque que je travaille seul*.

* à l’exception de cet édifiant témoignage sur le harcèlement de rue écrit par Nancy G

 

Cette hyper sélectivité a cependant un défaut, celui de me préserver de la bêtise environnante. Oui, il s’agit bien d’un défaut car on peut le voir comme un évitement du réel. Dans le monde réel, il y a des hooligans politiques, des gens qui ne checkent pas leur biais cognitifs, et il y a même des gens qui prennent du plaisir à nuire aux autres. Heureusement je dispose d’un outil très simple pour équilibrer ma situation : la confrontation au public. Les 300 000 vues de ma chaîne Youtube et le cortège de commentaires qui les accompagne m’offre un feedback non filtré de la part des utilisateurs de cette plateforme. C’est ainsi que j’ai récemment été confronté à deux cas d’assistanat mental.

 

Assistanat mental : une question sur Bertrand Cantat
Un internaute me demande mon avis sur l’affaire Bertrand Cantat. S’il avait tapé TROIS MOTS CLEFS dans la barre de recherche Youtube, il aurait la réponse à sa question. Temps de la démarche : moins d’une minute.

 

Assistanat mental : où trouver la musique de Frédéric Garcia sans prendre 30 secondes pour parcourir l description de la vidéo
Je suis toujours heureux que de nouvelles personnes découvrent le travail exigeant que je fournis en matière de création sonore. Cette personne avait besoin de 15 secondes pour trouver la réponse à sa question. Il lui suffisait de lire la description de la vidéo sous laquelle elle pose la question. L’assistanat mental a encore frappé.

 

Manger des légumes est utile, devenir un légume ne l’est pas

 

Il peut nous arriver à tous d’être un peu trop péremptoires à cause d’un faux souvenir. Par exemple, croire que Darth Vader dit « Luke, je suis ton père » à la fin de L’empire contre-attaque alors que le vrai dialogue est « Non, je suis ton père ». La maladresse et l’erreur sont humaines, et lorsque nous n’avons pas conscience de nous tromper nous ne pouvons pas être enclins à vérifier nos propos. Mais là, nous sommes en présence de personnes qui posent une question. Elles ont donc conscience de manquer d’informations, et auraient dû avoir le réflexe de faire un minimum de recherche par elles-mêmes.

 

Voici la solution à leur problème respectif : la personne qui me demande mon analyse de l’affaire Bertrand Cantat aurait eu la réponse à sa question en tapant « frédéric garcia cantat » dans sa barre de recherche Youtube. Fastidieux, n’est-il point ? L’internaute qui me demande où écouter ma musique avait encore moins d’effort à fournir, puisqu’en cliquant sur la description de la vidéo il aurait trouvé deux liens lui permettant d’écouter mes créations gratuitement.

 

Alors plutôt que de me perdre en hypothèses sur le pourquoi du comment de ce comportement d’assisté mental, je vous incite à vous différencier de la masse zombifiée en apprenant à chercher l’info. Notre génération possède une chance à nulle autre pareille : nous vivons à l’ère informationnelle. Jamais autant de connaissances n’a été disponible aussi facilement. Bien sûr, cette opulence de données implique que nous affûtions notre esprit critique, mais l’ère informationnelle n’en demeure pas moins un contexte idéal pour travailler à notre autonomie intellectuelle.

 

Apprenez à trouver les informations. Apprenez à les discriminer. Si après avoir fait votre part du travail vous ne trouvez pas la réponse à vos questions, alors il sera temps de vous adresser à quelqu’un susceptible de vous aider grâce à son expertise.

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